Cri (nom masculin, subst. masculin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom masculin 

XI e siècle. Déverbal de crier.
1. Son perçant ou puissant émis par la voix de l'homme. Le d'un nouveau-né. Pousser un grand , de faibles s. Étouffer, réprimer un . Un de douleur, de joie, d'allégresse. Un d'horreur, de désespoir. Jeter, lancer des s de détresse. Des s inarticulés. Les s joyeux des enfants. Les s et les lamentations des victimes. Singulier de sens collectif. Un s'éleva dans l'assemblée. Un seul jaillit des poitrines. Ce ne fut qu'un . Expr. À cor et à , voir . Ne faire qu'un , en parlant d'un nourrisson, pleurer fréquemment et, par ext., geindre ou se plaindre sans cesse. Fig. À grands s, avec insistance. Aimer les s, se complaire dans la discorde, les disputes. Par ext. Son ou suite de sons émis par un animal, notamment par un quadrupède ou un oiseau. Le du lion est le rugissement, le du mouton le bêlement. Imiter le d'un oiseau, le de la chevêche, de la hulotte. Expr. fig. et fam. Pousser des s de paon, des s d'orfraie, protester avec aigreur, avec indignation. Par anal. En parlant de choses. Bruit fort, généralement aigre ou discordant. Les s d'une scie, des forets sur le métal.
2. Parole ou phrase brève que l'on lance à très haute voix pour exprimer un sentiment violent, donner un avertissement, lancer un appel, etc. Des s d'encouragement, d'approbation s'élevaient parmi les spectateurs. Des s d'indignation, de colère. Des chants, des s séditieux. Un d'alarme, de détresse. « Au secours ! Au feu ! Au voleur ! » sont des s d'appel à l'aide. Le de « Sauve qui peut ! ». Pousser un de ralliement. Expr. Jeter, pousser les hauts s, se récrier, se plaindre hautement. Cette innovation fit jeter les hauts s. Spécialt. Cri de guerre, d'armes ou, ellipt., cri, devise qu'une nation, une ville, une maison illustre, arborait sur ses bannières et que les gens de guerre avaient coutume de er en allant au combat. Le des Français était « Montjoie Saint-Denis », le de la maison de Bourbon, « Notre-Dame ». Appel lancé à haute voix par des marchands ou des ouvriers ambulants pour proposer leurs services, annoncer ce qu'ils vendent, etc. Le du rémouleur, du vitrier, du chiffonnier. Les s de Paris. Expr. fig. et fam. Le dernier , ce qui est le plus récent, le plus à la mode. C'est le dernier de la technique, le dernier en matière de décoration. Un vêtement au dernier ou du dernier .
3. Réaction, protestation commune à plusieurs personnes, s'exprimant de façon spontanée et unanime. Ce ne fut qu'un dans la population. Un général s'éleva contre lui. Vieilli. Le public, l'opinion publique. Braver le public.
4. Plainte, lamentation, gémissement traduisant une affliction, une grande souffrance morale. Entendre le de la misère, les s des opprimés.
5. Fig. Mouvement instinctif, voix intérieure qui nous porte à faire quelque chose ou nous en détourne. Étouffer le de la conscience. Le de l'amour maternel, le du sang, le de la nature. Le du cœur, des paroles spontanées et sincères.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 

Son aigu et perçant émis par la voix. "Un de douleur. Cri de joie, d'allégresse. Cri d'horreur. Cri perçant. Jeter un . Pousser un grand . Les s, les lamentations des femmes. Il fit un que nous entendîmes de très loin."
Il se dit quelquefois au singulier des Cris poussés par plusieurs personnes à la fois. "Un s'éleva dans l'assemblée. Un général se fit entendre."
Fig. et fam., "Jeter, pousser les hauts s," Se récrier, se plaindre hautement. "Cette innovation fit jeter les hauts s."
"Ne faire qu'un ," se dit familièrement d'un Malade qui e sans discontinuer.
Il se dit aussi de la Voix ordinaire des animaux, et particulièrement des quadrupèdes et des oiseaux. "Son ordinaire est un rugissement prolongé. Le du pivert annonce de la pluie. La chouette a un vilain , un triste . Imiter le d'un oiseau."
Fig. et fam., "Pousser des s de paon," Protester avec aigreur, avec indignation.
En termes de Chasse, "Chasser à cor et à ." Voyez COR.
Il se dit par analogie en parlant des Marchands et ouvriers ambulants qui annoncent à haute voix leur genre de commerce ou d'industrie, le prix de ce qu'ils vendent, etc. "Les s de Paris. Le d'un remouleur."
Il se dit également de Certaines phrases brèves que l'on prononce à très haute voix, pour donner quelque avertissement, pour exprimer quelque émotion vive, etc. "Un d'alarme se fit entendre. Dans ce danger pressant, il poussa un de détresse. Le de" " "Sauve qui peut!" ". "J'entendais les s" " "Au meurtre! à l'assassin!" ". "Des s séditieux."
"Cri de guerre, d'armes," ou simplement "Cri," se disait de Certains mots qu'une nation, une ville, une maison illustre portait écrits sur ses drapeaux, sur les cottes d'armes, et que les gens de guerre, marchant sous ses bannières, avaient coutume de er en allant au combat. "Le des Français était" " "Montjoie Saint-Denis" " ; "le de la maison de Bourbon :" " "Notre-Dame" ".
Il se prend figurément pour les Plaintes et les gémissements des personnes qui sont dans l'oppression, dans l'affliction, etc. "Dieu entend les s des veuves et des orphelins. Les s de l'opprimé. Fermer l'oreille au de la misère. Le de la douleur publique."
Il se dit aussi figurément de Toute opinion manifestée hautement ; et alors il s'emploie surtout en parlant de Plusieurs personnes qui s'accordent à blâmer, à désapprouver quelqu'un ou quelque chose. "Il n'y a qu'un sur telle personne, sur telle chose. Un général s'éleva contre lui. Les s d'une cabale impuissante."
"Le public," L'opinion publique, favorable ou contraire. "Braver le public."
Il se dit encore figurément des Mouvements intérieurs qui nous portent à faire une chose ou qui nous en détournent. "Le du coeur. Étouffer le de la conscience. Le de l'amour maternel. Le de la nature. Le du sang."



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. masculin 



 1   Voix poussée avec effort, de manière à être entendue au loin ; et, par extension, d'abord les voix inarticulées que nous arrache la douleur ou une passion violente, et ensuite les voix confuses, les sons indistincts d'une multitude qui demande une chose ; enfin, par exagération, les paroles emphatiques ou trop enflées d'un orateur ou d'un poëte.
CORN.: « Nous nous levons alors, et tous en même temps Poussons jusques au ciel mille s éclatants »
CORN.: « Un grand peuple, seigneur, dont cette cour est pleine, Par des s redoublés demande à voir la reine »
CORN.: « Elle jeta des s, elle versa des pleurs »
CORN.: « Tout le peuple à grands s demande Nicomède »
MOL.: « Comment, bourreau, tu fais des s ? »
HAMILT.: « Elle se mit à faire des s effroyables »
SÉV.: « Il lui baisa la main, fit des s »
BOILEAU: « Qui frappe l'air, bon Dieu, de ces lugubres s ? Est-ce donc pour veiller qu'on se couche à Paris ? »
BOILEAU: « Que produira l'auteur après de si grands s ? La montagne en travaille enfante une souris »
RAC.: « Nos Grecs n'ont répondu qu'avec un de rage »
RAC.: « La moitié s'épouvante et sort avec des s »
RAC.: « Pendant que tout gardait un silence paisible, Sa voix s'est fait entendre avec un terrible »
RAC.: « Nos Lévites pleuraient de joie et de tendresse, Et mêlaient leurs sanglots à leurs s d'allégresse »
FÉN.: « Il poussait des s horribles »
FÉN.: « On poussa d'abord de grands s de joie »
CONDILLAC: « Quant aux s naturels, l'homme les formera aussitôt qu'il éprouvera les sentiments auxquels ils sont affectés »
CONDILLAC: « Les s naturels introduisent nécessairement l'usage des inflexions violentes, puisque différents sentiments ont pour signe le même son varié sur différents tons ; ah, par exemple, selon la manière dont il est prononcé, exprime l'admiration, la douleur, le plaisir.... »
VOLT.: « Ces chants vont se changer en des s de tristesse »
    N'avoir qu'un , ne jeter qu'un , er constamment, se plaindre sans discontinuer. Ce pauvre malade n'a qu'un , tant la douleur est vive.
SÉV.: « Mme de Rochefort n'a qu'un , depuis que vous avez écrit à ses cousines sans lui dire un mot »
    Familièrement. N'avoir qu'un après quelqu'un, se dit de plusieurs personnes qui en désirent une autre impatiemment.
    Ne faire qu'un , pousser un seul .
MARMONT.: « Eudoxe en le voyant ne fait qu'un et tombe évanouie »
    Fig. Jeter, pousser les hauts s, se récrier, se plaindre amèrement.
    On dit aussi dans le même sens er les hauts s, faire les hauts s.
SÉV.: « Je le trouvai ant les hauts s »
SÉV.: « Mme de Brissac de er les hauts s »
SÉV.: « Mme d'Elbeuf a é les hauts s »
SAINT-SIMON: « M. le Prince et son parti firent les hauts s »

 2   Paroles prononcées en ant et de manière à être entendues au loin. Cri de guerre. Cri de ralliement. Un d'alarme se fit entendre.
    Cris de Paris, s des petits marchands qui offrent de vendre ou d'acheter par la ville de menues denrées, des ouvriers ambulants qui offrent de faire de menus ouvrages.
    Acclamation. Les s de vive le roi ! retentissaient de tous côtés.
RAC.: « J'ai vu de rang en rang cette ardeur répandue, Par des s généreux éclater à ma vue »
VOLT.: « Sont autant de témoins dont le glorieux A déposé pour vous au tribunal des Dieux »
    Cri public, ce qu'on publie à son de trompe par ordre de justice. Il est défendu par public.
    Les s de l'école, les paroles bruyantes, qui se font entendre dans les argumentations des écoles.
BOILEAU: « Juvénal, élevé dans les s de l'école, Poussa jusqu'à l'excès sa mordante hyperbole »
DELILLE: « Tout est trouble et discorde, et les s de l'école Égalent en fracas les cavernes d'Éole »
    Terme de chasse. Mots que prononcent les chasseurs quand ils parlent aux chiens pour les flatter ou les exciter à poursuivre la bête. Chasser à cor et à , chasser avec le cor et les chiens ; et fig. Demander à cor et à , demander à haute voix, d'une voix pressante.
    Terme de blason. Cri d'armes, de guerre, ou, simplement, , un ou plusieurs mots en forme de devise qu'on place ordinairement au cimier des armes. Comme ces mots étaient anciennement sur les bannières, c'était dans les batailles le de ceux qui suivaient une bannière.

 3   Gémissement, plainte, accusation. Dieu entend les s des veuves et des orphelins.
RAC.: « Et mes s éternels L'arrachèrent du sein et des bras paternels »
RAC.: « Son père par vos s dès longtemps prévenu »
RAC.: « Voilà, voilà les s que je craignais d'entendre »
RAC.: « Sion, le jour approche où le Dieu des armées Va de son bras puissant faire éclater l'appui, Et le de son peuple est monté jusqu'à lui »
CONDORCET: « Les s élevés contre l'inoculation, même avant qu'on eût essayé de la mettre en usage »

 4   Opinion publique. Il n'y a qu'un contre lui. Le public.
DESFONTAINES: « La renommée se fait entendre et le de la louange devient général »
CONDILLAC: « Quoiqu'il n'y ait qu'un contre ceux qui ont l'imprudence de jouer, sans s'être informés de la valeur des jetons, chacun peut impunément parler sans avoir appris la valeur des mots »
J. J. ROUSS.: « Si quelquefois les femmes sortaient des bornes de cette modestie, le public montrait que c'était une exception »

 5   Fig. Appel qui émane des choses, des sentiments. Étouffer le de la conscience.
VOLT.: « Les s du sang, sa force et ses impressions »
RAC.: « Allez, sacrés vengeurs de vos princes meurtris, De leur sang par sa mort faire cesser les s »
MONTESQ.: « Le de l'innocence, qui, dans le moment de l'action, appelle des témoins, appelle des juges »
J. J. ROUSS.: « À l'instant va s'élever contre moi cette philosophie d'un jour qui naît et meurt dans le coin d'une grande ville et veut étouffer de là le de la nature »
VOLT.: « De ses mânes sanglants j'apaiserai les s »
BERNARD: « Et l'on entend dans les bois d'alentour La voix mourante ou le de l'amour »
DELILLE: « Le de leur remords est monté jusqu'à moi »
DUCIS: « perdu, XI., Cri de l'honneur »
RAYNAL: « Avant Gustave Vasa, tout Suédois était militaire ; au du besoin public, le laboureur quittait sa charrue et prenait un arc »
LAMART.: « Entends du haut des cieux le de nos besoins »

 6   Voix propre à chaque animal. Le de la corneille annonce de la pluie.
DELILLE: « La poule qui partage un ver à ses enfants N'a pas le même que la poule éperdue Dont l'horrible faucon vient de frapper la vue »
RAC.: « Un effroyable [d'un monstre] sorti du sein des flots Des airs en ce moment a troublé le repos »

 7   Bruit strident. Le de la scie.
BÉRANG.: « N'entend-on pas le qui-vive des gardes, Qui se mêle au des verrous ? »
    Poétiquement.
DUCIS: « J'ai souvent sur ma tête Entendu les fureurs, les s de la tempête »

 8   Le de l'étain, craquement que ce métal fait entendre quand on le plie.

 9   Donner du à la soie, la soufrer.

SYNONYME
    CRI, CLAMEUR. Cri est beaucoup plus général que clameur ; il se dit de tout grand bruit de voix produit par l'homme ou par les animaux, tandis que clameur exprime quelque chose de collectif. Un homme pousse un , mais il ne pousse pas une clameur ; au contraire on dira la clameur de la foule. Cependant la Fontaine a dit, et très bien dit : Une montagne en mal d'enfant Jetait une clameur si haute.... Fabl. V, 10. Mais ici la montagne est quelque chose de gigantesque qui équivaut à quelque chose de collectif.

HISTORIQUE
    XIème siècle
     Lois de Guill. V: Cil Ki prendra larun sanz suite et
     Ch. de Rol. CLI: Donc [ils] recomencent et le hu et le
    XIIème siècle
     Rou, ms. p. 65, dans LACURNE: Li quens Ernouf en out de traïson grant [blâme], Mais onques por le blasme le chastel ne guerpi [quitta]
     Ronc. p. 72: Qu'à l'assembler [à l'attaque] ot tel noise et tel
     ib. p. 77: Grans fu la noise et li s de la gent
     ib. p. 142: Devant lui vient, si lui e à haut
     ib. p. 191: Charles li rois fist faire et son ban et son
     Th. le mart. 66: Que, s'en tute la terre eüst clerc si hardi, Qui à Rome apelast al lues le rei Henri, Sereient erranment tuit si chasel saisi, E il mis en prisun, cum s'il eüst mal
     ib. 42: Seignur, par amur Deu, nel faites pas einsi ; S'un ocist l'arcevesque, vus en aurez le ; Car tus li païs scet que vus l'avez haï
    XIIIème siècle
     Ms. de poésie fr. avant 1300, t. IV, p. 407, dans LACURNE: Qui de fausser ont le [ont la réputation de tromper]
     Partonop. Ms. de St-Germ. f° 164, dans LACURNE: Orgueil de serf, ueil de larron, Langue de leu [loup], de paon
     Berte, XV: Lors a la male serve un mout grant jeté
     ib. LXXXIX: Chascuns entre en la chambre, quant il oient le
     ib. XCIX: Chascuns maudit la serve et ent à haus s....
     Lai de l'ombre: Que vous n'aurez ne ne non De m'amor, pour rien que je voie
BEAUMANOIR: « Cascuns est tenus de penre [prendre] le bani son segneur ; et, s'il ne le pot penre, de lever le après li, et de porsivir tant qu'il soit pris »
BEAUMANOIR: « Et quant li s a esté fet communement par les eglises, il doivent regarder combien il sont tenu à paier »
JOINV.: « Quant les bouchiers et les autres homes de l'ost et les femmes qui vendoient les danrées oïrent ce, il leverent le en l'ost, et à [avec] l'aide de Dieu il secoururent le conte »
    XVème siècle
FROISS.: « Et fit-on à savoir par un et par un heraut que, le premier qui entreroit dedans Duras, il gagneroit cinq cents francs »
COQUILL.: « Elle m'a faict souvent monter à cheval, faire mes effors, Aller, chevaucher, tempester. Et courir à cry et à cors »
    XVIème siècle
MARG.: « Les pauvres femmes se leverent à [en ant], tant estonnées de voir leur maistresse comme morte »
YVER: « Et les vieilles desolées Se tordent leurs cheveux gris, Voyant leurs filles en s Par ces bourreaux violées »
LOYSEL: « Et si doit [l'aîné] avoir le nom, le et les armes pleines »
AMYOT: « Le heraut s'escria si hault que son cry fut ouy de toute l'assemblée »
AMYOT: « Les s et proclamations publiques »

ÉTYMOLOGIE
    Provenç. t, da ; catal. t ; espagn. grito ; ital. grido (voy. CRIER).


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


Voix haute et poussée avec effort. "Grand . Horrible, épouvantable . Cri aigre. Un aigu et perçant. Un douloureux. Un de douleur. Jeter un . Faire un . Pousser un grand . J'entends un . Il fit un en mourant. Les s, les lamentations des femmes. Il jetait les hauts s. Il fit un que nous entendîmes de très-loin. Cri de joie, d'allégresse. Cri d'horreur."
Il se dit quelquefois au singulier Des s poussés par plusieurs personnes à la fois. "Un s'éleva dans l'assemblée. Un général se fit entendre."
Fig. et fam., "Jeter, pousser les hauts s," Se récrier, se plaindre hautement. "Cette innovation fit jeter les hauts s."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit aussi de La voix ordinaire des animaux, et particulièrement des quadrupèdes et des oiseaux. "Le d'un animal. Son ordinaire est un rugissement prolongé. Le de la corneille annonce de la pluie. La chouette a un vilain , un triste . Imiter le d'un oiseau."
Il se dit quelquefois, par analogie, Du bruit aigre que certaines choses font entendre. "Le de la scie." On appelle "Cri de l'étain," Le petit craquement que ce métal fait entendre lorsqu'on le plie.
En termes de Chasse, "Chasser à cor et à ," Chasser à grand bruit, avec le cor et les chiens. "Il a droit de chasser à cor et à dans cette forêt."
Fig. et fam., "Demander quelqu'un à cor et à ," Le chercher en demandant partout de ses nouvelles. On dit aussi, "Demander une chose à cor et à ," La demander, l'exiger d'une manière pressante.



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie aussi, Proclamation de la part du magistrat, pour défendre ou ordonner quelque chose. "Cri pour ordonner ou empêcher le cours d'une monnaie. Un public. Il est défendu par public"...
Il se dit, dans un sens analogue, en parlant Des marchands et ouvriers ambulants qui annoncent à haute voix leur genre de commerce ou d'industrie, le prix de ce qu'ils vendent, etc. "Les s de Paris. Cette marchande a un que l'on entend de loin. Le d'un ramoneur."
Il se dit également de Certaines phrases brèves que l'on prononce à très-haute voix, pour donner quelque avertissement, pour exprimer quelque émotion vive, etc. "Un d'alarme se fit entendre. Dans ce danger pressant, il poussa un de détresse. Le de Sauve qui peut. Le de Vive le roi. J'entendais les s, Au meurtre! à l'assassin! Des s séditieux."
"Cri de guerre, d'armes," ou simplement, "Cri," se dit de Certains mots qu'une nation, une ville, une maison illustre portait écrits sur ses drapeaux, sur les cottes d'armes, et que les gens de guerre, marchant sous ses bannières, avaient coutume de er en allant aux combats. "Le des Français était, Montjoie Saint-Denis; le de la maison de Bourbon, Notre-Dame. Le de guerre se place encore aujourd'hui au-dessus des armoiries, etc."



4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se prend figurément pour Les plaintes et les gémissements des personnes qui sont dans l'oppression, dans l'affliction, etc. "Dieu entend les s des veuves et des orphelins. Les s de l'opprimé. Fermer l'oreille au de la misère. Le de la douleur publique."



5ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit aussi, figurément, de Toute opinion manifestée hautement; et alors il s'emploie surtout en parlant De plusieurs personnes qui s'accordent à blâmer, à désapprouver quelqu'un ou quelque chose. "Il n'y a qu'un contre lui. Il n'y a qu'un sur telle personne, sur telle chose. Un général s'éleva contre lui. Les s d'une cabale impuissante."
"Le public," L'opinion publique, favorable ou contraire. "Apaiser le public. Le sage respecte le public."
Fam., "N'avoir qu'un après quelqu'un," se dit De plusieurs personnes qui en désirent, qui en attendent une autre avec impatience.



6ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit encore, figurément, Des mouvements intérieurs qui nous portent à faire une chose, ou qui nous en détournent. "Le du coeur. Étouffer le de la conscience. Le de l'amour maternel. Le de la nature. Le du sang."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. masculin 

Voix haute et poussée avec éfort. 'Grand "cri", "cri" aigu. Faire, jeter, pousser "un ", des "cris": "Cri de" joie, "d'"alégresse, etc. = "Cri", "clameur". Voyez CLAMEUR.
- 2°. Voix de certains oiseaux. '"Le de" la corneille, "de" la chouette.
- 3°. Figurément, plaintes et gémissemens. 'Dieu entend "les s" de la veûve et des orphelins.
- 4°. Proclamation de la part du Magistrat. 'Il est défendu, par " public", etc.
- 5°. Le ton dont on e, dans les rues, plusieurs chôses à vendre ou à acheter. "Les s" de Paris, etc.
- 6°. Il se dit, au figuré, pour "voeu", "desir". Le "cri" de la nature est d'être heureux.
- "À~ cor et à ". Voyez COR.
   "Rem." 1°. Dit-on, demander "à grands s", ou, "avec grands s?" Tous les deux sont bons, mais le premier est le meilleur et le plus autorisé. "Vertot" a préféré le 2d, 'Toute l'armée demandoit, "avec grands s", qu'on fît le procès à ces assassins.
- Le Traduct. de l' "Hist. d'Angl." dit, s redoublés", qui vaut mieux. 'Le vieux Roi pressoit, s redoublés", le retour de son brâve Fils.
   2°. On dit, "jeter les hauts s", et "crier les hauts s". Le 1er est de tous les styles; le 2d n' est que du style familier. 'Je le trouvai, "criant les hauts s". * M. de "Coulanges" dit, à peu près dans le même sens, "crier l'épaule", pour dire, er par la violence d' une douleur à l'épaûle. 'Je fus dernièrement ataqué à Versailles; "je ois l'épaule": on mit en même-temps les fers au feu, et les femmes de chambre de Mde de St. Geran me rapasserent que rien n'y manqua. C'est une expression bisârre, qui n'a pas fait fortune.
   3°. "N'avoir qu'un après", desirer ardemment. 'Le Cardinal de Bouillon "n'a qu'un après lui" (M. de Coulanges.) "Sév." On le dit aussi impersonellement: Il "n'y a qu'un " sur... chacun en parle de la même manière. 'Il "n'y a qu'un ", dans les États-Unis, "contre" les restrictions, etc.




Emplacement dans le dictionnaire :

crevé
crève-chassis
crève-chien
crève-coeur
creve-coeur
crève-vessie
crever
crevet
crevette

criaillement
criailler
criâiller
criaillerie
criailleur
criant
criard
criblage
criblé
crible
cribler




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Jean MORÉAS (Les Stances)

...sur les chemins, sous le ciel sans chaleur que la joie abandonne, et, le coeur plein d'amour, je prendrai dans mes mains au pied des peupliers les feuilles de l'automne. J'écouterai la brise et le cri des oiseaux qui volent par les champs où déjà la nuit tombe. Dans la morne prairie, au bord des tristes eaux, longtemps je veux songer à la vie, à la tombe. L'air glacé fixera les nuages transis, et...


Citation n°2 de Jean MORÉAS (Les Stances)

...assis, tranquille, je romprai le pain de l'amertume. 6e LIVRE (III) Aux rayons du couchant, le long de cette ornière, je vous vois, peupliers revêtus de lumière ; dans la pénombre, oiseaux, votre cri répété pour la dernière fois a salué l'été ! Va, brode l'horizon, brume délicieuse, d'émeraude et d'onyx poussière précieuse : je veux me disperser ce soir dans le malheur de l'automne qui vient, de...


Citation n°3 de Jean MORÉAS (Poèmes et Sylves : 1886-1896)

...ÉNONE... VIS., VIII, FIER PRINT. Fier printemps fier printemps ravisseur, que tu m'as abusé, et quel faux semblant tu as mon coeur brisé ! L'hirondelle à présent sur la mer s'est enfuie, le cri de l'échassier nous ramène la pluie ; le prudent laboureur qui songe à ses guérets de la cognée abat dans les tristes forêts l'yeuse qui répand à terre son feuillage. Automne malheureux, que j'aime...


Citation n°4 de Pierre LOTI (Mon frère Yves)

...force des hommes diminuait. C'est cette longue attente, cette longue fatigue dans le froid humide, qui sont les vraies horreurs de la mer. Souvent les pauvres mourants, avant de rendre leur dernier cri, leur dernier hoquet d'agonie, sont restés des jours et des nuits, trempés, salis, couverts d'une couche boueuse de sueur froide et de sel, d'un magma de mort. ... le grand bruit augmentait...


Citation n°5 de Pierre LOTI (Le Roman d'un enfant)

...petits rêves se fermait peu à peu. Les premiers brouillards, les premières journées grises ajoutaient à tout cela leur désolée tristesse. Les ramoneurs savoyards étaient aussi revenus, poussant leur cri d'automne, qui déjà, les années précédentes, me serrait le coeur à me faire pleurer. Quand on est enfant, l'approche d'un hiver amène des impressions irraisonnées de fin de toutes choses, de mort...


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